| Neige sur le lac Daumesnil - Janvier 2012 - |
D'abord, je devrais être dans ma Bretagne secondaire, en train de cavaler sur mes rochers préférés, à photographier les oiseaux de mer qui, sans être albatros, sont quand même rois de l'espace. Ou encore en train de goûter les spécialités westphaliennes que Jürgen a apportées dans son van d'après son dernier courriel. Si, si, quand ils arrivent de leur Allemagne profonde, pour quelques semaines, nos nouveaux voisins secondaires encombrent leur cour avec leurs voitures dont un 4x4, leurs animaux (des chiens, au secours, ma Chipie ne reconnaît plus son environnement natal !) et un van, mais bon, s'il y a de délicieuses choses à grailler là-dedans, on ne va pas se fâcher parce qu'ils ne nettoient pas assez souvent leur jardin (ben, vu qu'ils ne viennent que trois fois par an...) et que leurs mauvaises herbes et leurs arbustes débordent chez tout le monde, à commencer par chez nous ! J'ai trouvé la solution : avec leur accord, mon jardinier tond la bordure mitoyenne sur un mètre de largeur chez eux ! C'est mieux que d'arroser leurs plantes avec de l'eau de javel comme le font certains voisins pas toujours sereins... Là-bas, ils sont assez graves, parfois, les paysans du coin. On a la chance d'avoir été "adoptés", car leurs réactions ne sont pas toujours très compréhensibles pour nous, citadins, obligés de composer en bonne intelligence tout le temps avec le voisinage sinon ce serait une guerre incessante ! Ils sont installés dans leurs certitudes, celles que plusieurs générations de terriens ont ancrées jusqu'au plus profond de leurs habitudes, dans leur vie parfaitement réglée, comme si celle-ci n'existait pas en dehors des limites de la commune qu'ils n'ont, pour beaucoup, jamais dépassées… Je les adore, mais si je dois finir ma vie en province, je pense, à raison (!), qu'on a quand même besoin d'une société plus diversifiée pour s'épanouir, je ne me vois pas exister sans vision sur le monde extérieur entier, son histoire, son évolution… Et avec ça, on veut tuer la culture générale, une de nos spécificités (avec l'Académie !) si jalousée il y a encore peu, une de nos exportations lumineuses jadis ! Ouais… A quoi ça sert ??? Ben, au moins à lier une conversation avec votre voisin venu on-ne-sait-d'où, quand vous êtes coincés dans un cocktail à 100 dans un duplex du Marais qui fait à peine 50 m² ("plus jamais, Peter, tu entends, plus jamais tu ne m'y reprendras", avais-je dit la première fois ; mais bon, il y avait des gâteaux du dernier chocolatier-pâtissier en vogue dans le coin, chez qui tout le monde (à commencer par mes intimes qui habitent dans ce coin qu'on avait fini par quitter, Titou et moi, en raison du bruit incessant la nuit, quand la mairie du 4ème s'était prise pour un loueur de salle de spectacles !) se précipite comme un exercice de haute importance (on dirait qu'ils n'ont rien d'autre à faire de leur temps, quand même, tous ces parisiens délirants prêts même à squatter dans la rue à moitié nus pour attendre l'ouverture d'un magasin un jour de promo !!! Bof, pour les gâteaux, ça ne valait pas le dérangement). Mais moi aussi, je peux délirer, on peut dire la même chose de moi quand je fais une fixation sur... la confiture d'orange amère, une fois par an ! Mais la saison des oranges amères ne dure pas longtemps, même pas deux mois, alors, je me pardonne, même si les commander à l'avance n'est pas une bonne idée, je ne suis pas toujours disponible dans ma tête (en cuisine, il n'y a rien que je ne fasse contrainte et forcée, il faut que j'y trouve du plaisir, comme en tout...) au moment où elles arrivent...
J'en avais effectivement fait rentrer une caisse (plus de 15 kg !) yavaipluka les transformer ! Mais pas envie ni le temps... Les grands froids de ces dernières semaines m'avaient bien arrangée, les fruits avaient pu attendre un peu, le temps que je me fasse un devoir de ne pas les jeter à la poubelle et pense à une recette plus rapide que celle élaborée et publiée ICI, lorsque j'aimais bien ce rituel annuel, avec mon Zeb dans les parages, lui qui me suivait partout dans mes activités (et on dit qu'un chat, ça dort tout le temps, il était peut-être l'exception qui confirme...) histoire de respirer sa douce fourrure qui sentait bon l'orange pendant une semaine !
La recette ci-dessous, décrite en trois étapes peut être réalisée dans la même journée si vous disposez d'une liberté entière ce jour-là, en laissant juste macérer 1h (au lieu d'une nuit) lorsque je l'indique. Les opérations écrites en rouge-brun italiques sont à zapper si vous faites de la gelée et non de la confiture.
Et voilà le travail : sur deux jours, avec les 15 kg de fruits et beaucoup d'huile de coude, j'ai obtenu 20 pots de gelée et 40 pots de confiture.
confiture d'orange amère rapide
NB : les oranges amères sont immangeables au couteau, elles ont très peu de jus et sont vraiment... amères ! On les utilise surtout pour leur goût et parfum en marmelade ou confiture. Ce sont leurs nombreux pépins qui renferment la pectine nécessaire à la prise en confiture.
Cette recette a été élaborée en considération de quelques courriels de lecteurs qui trouvaient celle indiquée (ibidem) magnifique mais insurmontable en réalisation ! J'admets que les explications de recette de ce blog alors nouveau-né et balbutiant étaient compliquées, mais je vous assure qu'en pratique, c'est beaucoup plus simple qu'il n'y paraît. En tout cas, c'est en tenant compte du fait que tout le monde n'est pas expert devant la bassine que j'ai écrit cette nouvelle recette rapide, en la simplifiant au maximum. Je ne crois pas que, pour cette confiture, on puisse faire plus simple et plus rapide, étant observé que la macération est nécessaire pour une bonne réussite et un bon goût ! Pour ma part, je ne la trouve bonne que si je la fais sur trois jours, l'idéal étant de laisser une journée entre chaque macération. A défaut, on peut combiner les étapes 1 et 2 pour le premier jour, et de cuire définitivement (3ème étape) le deuxième jour.- oranges amères
- 1 citron pour 10 oranges
- sucre cristallisé (900 g pour un litre de macération finale)
- eau (selon quantité d'oranges)
Première étape
- brosser les oranges et les citrons à l'eau tiède et les rincer
- les peler presque à vif (en laissant beaucoup de peau blanche sur le fruit)
- couper en rondelles les pulpes avec leurs pépins, à réserver dans une grande marmite qu'on va couvrir avec de l'eau à niveau + 1 litre
- zester quelques belles écorces d'oranges amères, à réserver dans une autre marmite qu'on va couvrir avec de l'eau à niveau
- porter à ébullition la ou les marmites, puis réduire le feu à doux et cuire environ 30mn pour les pulpes, 1h pour les zestes
- laisser macérer dans un endroit frais en remuant de temps à autre
Deuxième étape
- filtrer la macération encore tiède (si vous le faites le lendemain, la réchauffer un peu) en pressant avec le dos de l'écumoire afin de récupérer un maximum de jus, à réserver ; jeter les déchets
- réchauffer la macération de zestes (si vous procédez sur deux jours)
- mélanger les deux macérations,
- ajouter 900g (ou 1kg maxi) de sucre pour 1litre de macération, bien remuer pour faire fondre le sucre,
- laisser reposer un peu en remuant de temps à autre. Le sucre va former une petite écume blanche. L'enlever avant de procéder à la cuisson définitive.
Troisième étape (cuisson définitive)
- verser la préparation dans la bassine à confiture et cuire à feu vif environ 20mn, le temps que la confiture prenne (*)
- Mettre en pots à vis, couvrir à chaud, en retournant le pot pour une parfaite stérilisation. Attention de bien fermer le pot, sinon il peut s'ouvrir inopinément au moment du retournement, bonjour la cuisine à nettoyer sans compter les risques de brûlure (**).
(*) J'emploie la méthode empirique : la confiture est prise lorsque la préparation nappe la cuiller ou la louche retournée, et retombe lentement en grosses gouttes presque figées. Il est à noter cependant que la confiture ou la gelée d'orange paraît toujours liquide même quand elle est prise. Un moyen de savoir si elle est suffisamment cuite et va gélifier en refroidissant : éteindre le feu, attendre quelques minutes et passer une cuiller dans la bassine : si le dessus se ride un peu, c'est bon signe !
(**) J'utilise des pots à vis, une fois bien fermés, je les retourne jusqu'à complet refroidissement. Pour les généralités sur la confiture, je vous renvoie à mon billet de 2009 susvisé qui traite des problèmes de moisissure (souvent due à une cuisson insuffisante ou à des problèmes d'hygiène lors de la confection et, surtout, de la mise en pots - ça ne pardonne pas !), ou encore de cristallisation (taux de sucre trop élevé, surcuisson...).


Mon Zeb disait que c'était une obsession chez moi, la confiture d'orange amère... Il avait raison, c'est ma préférée, jamais une année sans... pour l'instant. Cette année, le coeur n'y était pas vraiment... Quand à l'année prochaine, qui sait même où je serai, où j'en serai... Il est temps de faire une pause de blog, de repenser aussi cela... Comme qui dirait, je traverse une grande période de doute en tout...
Superbes photos qui donnent envie d'en faire et d'en manger ! 60 pots... c'est énorme, ce sont des pots de quelle contenance ?
RépondreSupprimerTu les commandes où tes oranges amères ? J'en trouve difficilement par chez moi, même dans les grandes villes. Mais, c'est sûr, je ne vais pas en commander 15 kg, quel travail de titan, qui quelqu'un qui n'avait pas envie de faire, bravo ! J'espère te lire sur les autres blogs...
RépondreSupprimerJe n'en ai jamais fait, j'ai évoqué l'idée il y a peu et je savais où venir chercher la recette : ici !
RépondreSupprimerJe traverse moi aussi des moments où ça n'avance pas, où ça ne rime à rien, ou ça procrastine grave, et si à quoi bon s'impose c'est sur que c'est le blog qui dérouille en premier, ce qui n'est pas bien grave.
Vivement que ça se réchauffe !
Bises Colibri
Bon je vois que tu nous quittes pour quelques temps ( pas trop ) tout de même faut penser à nous , mais je te comprends très bien
RépondreSupprimerMerci pour la confiote d'oranges amères c'est tellement bien que je deviens un peu fénéante coté cuisine de confiture , la niac eo l'envie se sont envolées ...merci pour le moment émotion Zeb j'aime lorsque tu le fais participer à tes billets le temps semble ainsi aboli et Zeb est là comme avant comme toujours
Bonne pause , profite de ta bretagne
Amitiés
Sacha
Ohlala ! on dirait que ce n'est pas la forme chez Colibri !
RépondreSupprimerEn tous les cas je suis contente d'avoir vu ta confiote d'oranges ce qui m'a permis de revoir mon Zeb ! Je suppose que tu aurais aimé le sentir dans tes jambes comme d'habitude
Tu sais si cela peut te consoler, j'avance comme une tortue en ce moment, la tête ailleurs, mais bientôt ce sera le printemps et tout ira mieux...
Allez viens faire un petit tour chez VenetiaMicio, il y a un petit jeu, je sais que tu n'aimes pas trop, peut-être t'amusera-t-il ? et puis j'avais envie de te faire un petit signe !
Je t'embrasse mon petit Colibri
Danielle
ça n'a pas l'air d'aller fort Colibri !! j'espère que tous ces jolis pots bien dorés participeront à la remontée du moral !
RépondreSupprimerAller l'hiver est bientôt fini!!!! Déjà quelques prémices printaniers!!!!
RépondreSupprimerLa dernière confiture d'agrumes "maison" cette année fera revenir le soleil dans le coeur ! Ici, c'est oranges et clémentines après bergamotes et mandarines et on attend les beaux jours...
Belle fin de semaine et bonnes vacances
Allez va!....fais toi une bonne tartine au beurre salé ou à la confiture d'orange .....ou les 2.....prends ton temps, soignés ton pied et reviens nous en forme quand tu en sentiras l'envie......mais pas dans trop longtemps quand même!.....
RépondreSupprimerTu as raison, une bonne cure de vitamine C, il n'y a rien de meilleur pour la bonne humeur.
RépondreSupprimerJ'espère que tu pourras bientôt de nouveau nous enchanter avec tes reportages en extérieur, en attendant je crois que ton chat va un peu en profiter...
Toujours une joie de voir Zeb le cuistot ! cette année j'ai plutot fait des pots de genre d'écorces d'oranges quasi caramélisées ! pour les pain d'épices sans doute ??...
RépondreSupprimerDis donc le monsieur dans la forêt j'avais cru que c'était en Bretagne, j'ai tout faux.
Je vois que tu n'as pas encore retrouvé le goût, ou le temps de venir écrire un peu ici.....merci de ta visite chez moi, je voulais te dire que j'étais Ok avec ton commentaire, je t'ai répondu sur place......à bientôt...
RépondreSupprimerToujours pas de Colibri, dans les parages ? Heureusement qu'il y a à lire et à manger ailleurs, tu ne fais pas de pub pour ton nouveau blog de cuisine ici ? Ne délaisse pas celui-ci, quand même, car je l'aime bien, je ne sais trop pourquoi. Un souci un peu égoïste, je le concède !
RépondreSupprimerToujours personne, ici ? Ni chez Orange... Allez, va virer une bouée, ça remet les idées en place et ça donne faim ! Je vais aller voir s'il y a quelque chose à se mettre sous la dent dans la cuisine de Namelie. Salut Colibri !
RépondreSupprimerJOYEUX printemps à toi aussi. J'espère que tu reviendras assez vite pour nous régaler de tes recettes et de tes billets. C'est toujours un plaisir de te lire.
RépondreSupprimerA bientôt
J'adore la confiture d'orange... surtout celle de ma Maman... Je n'en ai jamais faite de peur d'être décue... En tentant une autre recette, c'est peut être la solution !
RépondreSupprimerCoucou LN, toi ici, quel plaisir pour moi ! Si tu savais le nombre de recettes que je ne fais pas ou plus parce qu'elles ne ressemblent en rien à celles de ma mômon, ne serait-ce que sa simple omelette aux oignons et à la viande, grrr, je ne retrouverais jamais son goût délicieux ! Mais c'est la faute des oeufs et des oignons, sûr !!!
RépondreSupprimerMerci à vous tous, chers amis blogueurs, d'être passés, vos visites sont un vrai bonheur !
Et si tu nous mettais un peu de lecture, ici, de cette belle littérature que tu affectionnes tant, pour notre plaisir ;)))
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