ATTENTION :

En dehors des recettes, que je ne peux prétendre avoir "inventées" au sens de la loi, tous les textes et photos de ce modeste blog qui les accompagnent sont personnels et protégés par le droit d'auteur (code de la propriété intellectuelle - copyright). Me demander l'autorisation avant toute utilisation, à quelque fin que ce soit. Pour me contacter à ce propos : colibri.blogs@orange.fr
Nota bene :
14 janvier 2010 : Ni TAG, ni JEU, ni PRIX, ma meilleure récompense étant vos visites et votre fidélité ! Merci.
10 janvier 2012 : ce blog est en cours de restauration à cause de quelques problèmes sur Blogger qui ont fait disparaître beaucoup de photos sur mes messages anciens. Je prie les lecteurs qui viennent par mot-clé de recherche de m'excuser s'ils ne trouvent pas le billet correspondant à leur attente. Il m'est aussi difficile de faire la différence entre vrais et faux brouillons dans la mesure où Blogger ne les distingue pas, d'où quelques couacs de "réédition" de messages qui n'ont peut-être jamais été publiés !
1er mars 2013 : ce blog est à nouveau ouvert au public, avec mes excuses aux lecteurs qui ont trouvé porte close pendant si longtemps sans explications... Euh, je ne retrouve plus mes marques avec la nouvelle interface blogger...
22 décembre 2013 - fermeture définitive de ce blog au public, après cinq ans d'existence -
Janvier 2014 - Quelques lecteurs ont demandé à être inscrits comme invités. Ce sont des blogueurs que j'aime bien, alors pas de souci !
Janvier 2015 - J'avais envisagé un retour en mode public sur ce blog. C'est fait, en ce triste jour où je suis Charlie...
CetD ouvre ce volume II dans la tristesse.
Le volume I sera réédité au fur et à mesure de sa révision, avec les dates de publication d'origine.

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vendredi 17 avril 2015

par ici, cramaillot joli, ou question à tous ceux qui viendront par hasard goûter cette délicieuse gelée

C'est une gelée au goût de miel. J'en ai déjà parlé dans le volume 1 de ce blog. En passant, on me demande souvent par courriel pourquoi il n'est toujours pas réédité ce volume 1 !
Ben, l'explication en est très simple : pendant la fermeture du blog au public, sauf quelques lecteurs qui m'ont demandé de pouvoir y accéder en "invités", j'y avais publié beaucoup de billets personnels. Bien que je n'y relate que des choses qui n'ont rien d'intime à proprement parler, mon blog me servait un peu d'agenda où je mémorisais avec beaucoup de photos des événements qui impliquaient nommément des amis, des personnes publiques ou autres de ma connaissance. Il m'est donc impossible de publier ces billets-là actuellement. Je sais qu'il est de plus en plus difficile de garder son anonymat sur un blog mais, personnellement, j'essaie de le faire. Ce blog, quand il est public, reste avant tout un espace de plaisir que j'aime bien partager avec certains lecteurs fidèles, notamment ceux de la première heure (2008, ça date déjà ! Ils se reconnaîtront puisque je vais toujours régulièrement sur leur blog, même si je ne commente plus trop par manque de temps), et j'hésite toujours à aller plus avant dans les indices de ma vraie vie, sauf sous des aspects qui peuvent concerner tout le monde, c'est-à-dire les états d'âme universels !
C'est pourquoi aussi, bien que souvent sollicitée pour participer à des manifestations, quelconques, avec d'autres blogueurs, ou plus médiatisées avec des institutions, j'ai toujours refusé, cela m'amènerait à dévoiler mon identité, à apparaître en public, et de cela, je n'en ai vraiment pas envie du tout, ce blog étant principalement un "jouet" pour moi, et non un moyen de reconnaissance de la société ! Vous pensez bien que être la "mère machin" à la télé ou ailleurs ne m'a jamais effleuré, grand dieu non ! Ah, pauvre de moi, j'imagine la tête de mes proches qui me verraient en train de faire le bouffon à la téloche ou autre en me prenant pour une autorité suprême en matière de tartes, par exemple !
Lorsque j'ai commencé à m'essayer au blog, comme un outil amusant et non comme une machine à diffuser un savoir, en quelque domaine que ce soit, laissant ce rôle aux innombrables et merveilleux livres déjà écrits ou encore à écrire (il paraît que les français lisent de moins en moins de vrais livres, c'est assez paradoxal dans un pays où les prix littéraires foisonnent et dont on fait même la moisson à l'étranger !) qui sont là pour ça. Je garde l'humilité d'admettre que personne ne m'a pas attendue pour manger bon et bien ! Je me contente, ici, de faire des suggestions, au fil de mes souvenirs liés à un aliment, à un plat, à un repas... J'ai été assez étonnée, dernièrement, en mettant de l'ordre dans mon ordinateur, d'y trouver une banque d'images de cuisine (depuis la création de ce blog, c'est devenu un tic, je prends des photos de tout ce que je prépare ou mange, c'est grave !), avec lesquelles j'aurais de quoi alimenter ce blog, en ingrédients ou non-recettes différents tous les jours, au moins deux ans, au bas mot. Mais voilà, il faut que je trouve le lien entre eux et un billet à écrire selon le concept de ce blog.
Quand Petra m'a demandé pourquoi je n'allais pas aux invitations prestigieuses qui m'arrivaient par le biais de mes blogs, elle n'a pas compris ma réponse, celle de n'attendre de reconnaissance d'aucune sorte grâce à mes blogs, qui n'ont absolument pas été créés à cette fin, et, surtout, celle de préserver mon anonymat. Elle sait que j'ai un blog dit "de cuisine" ; elle qui s'est lancée dans l'événementiel, ça l'intéresserait beaucoup. "Si tu veux, je peux aller à ta place en me faisant passer pour toi !". Hi, hi, je ne lui ai même pas donné l'adresse de ce blog, pour vous dire que, même les amis, à deux exceptions près, ils doivent venir ici de propre initiative, au gré du hasard d'une recherche... culinaire ??? Alors là, aucun risque, vu qu'ils ouvrent déjà tous des grands yeux étonnés quand on parle de "blogs", et surtout des blogs culinaires ! Même sort pour les membres de ma famille. "Paraît que tu as des blogs, un blog de cuisine...", m'a demandé un jour un de mes frères ! "A toi de le trouver, par hasard...", lui ai-je répondu, en sachant très bien que, parmi les milliers de blogs culinaires, il n'a aucune chance, mais alors là aucune, de trouver le mien sans indication pour le guider ! 
Ma question du jour aux lecteurs
qui passeront par là pour goûter ma gelée de fleurs de pissenlit, laquelle, pour certains, a un délicieux goût de miel, pour d'autres, un goût infect (un seul lecteur m'a dit cela sur l'autre blog, BSetP) : comment fait-on pour "privatiser" certains billets, par exemple, en les soumettant à un mot de passe, tout en laissant tous les autres billets accessibles au public ? J'ai vu en effet sur certains blogs publics qu'il y avait néanmoins des billets nécessitant un code pour les lire. Ce serait pas mal pour moi de connaître et d'appliquer un truc pareil, car cela me permettrait de republier tous les anciens billets publics, tout en gardant secrets mes billets plus personnels édités lorsque le blog était fermé au public, cela sans avoir à me pencher sur la création d'un volume I, d'un volume II, d'un volume secret !!!
Et si cette merveilleuse gelée, aussi belle que bonne à mon goût, vous intéresse, la recette se trouve sur mon autre blog, ICI.


mercredi 15 avril 2015

un peu de douceur pour une humeur massacrante, ou mille feuilles de crêpes au sirop d'érable

Purée, je leur tords le cou à tous aujourd'hui, ces négos immos, ces notaires, c'était bien la peine d'en avoir un pour le vendeur, un pour l'acquéreur (nous !) : à deux jours de la signature de l'acte authentique d'une maison qu'on attend depuis novembre dernier et alors que le compromis a été signé en décembre, nous voilà devant une énormité : les travaux entrepris par l'ancien propriétaire - paix à son âme - n'ont jamais fait l'objet d'une déclaration de travaux ou autres formalités légales. Heureusement que j'ai pris le temps de lire le projet d'acte, celui-là même que j'ai dû aussi réclamer, que j'ai été étonné de lire que j'achetais, à l'étage un grand grenier !!! Après tout, je m'en fiche de cette désignation, mais question : pourquoi ce grand grenier a-t-il quatre magnifiques chiens assis... De fil en aiguille, on se retrouve avec un grand grenier transformé en chambres, certes, mais depuis quand, et qu'en était-il des chiens assis, dont j'ai du mal à croire qu'ils équipaient un grenier !!! Je m'en fiche, je m'en fiche, ah, je n'en peux plus des histoires de maisons, entre celles qu'on vend, avons vendues, celle qu'on achète, celle où je suis toujours en location où j'ai quand même mis le jardin en ordre parce que le printemps s'est enfin installé et mes pauvres plantes ont commencé à déborder de partout, vu que je ne les ai pas taillées depuis l'hiver dernier, justement parce que j'avais mes maisons à vendre à nettoyer !!!
Bref, cette nouvelle contrariété pour une signature prévue demain, ben, ça m'a donné une envie de douceur pour me calmer en attendant le coup de fil du notaire qui est censé trouver une solution qui convienne à tous : vu qu'il a convoqué dix personnes, il a intérêt à en trouver une qui me satisfasse, sinon, je vais acheter autre chose, je ne suis plus à six mois près ! 
Quand on parle douceur en ce printemps, j'ai l'âme un peu canadienne. Là-bas, en ce que m'en a dit Titou, qui y a passé de longs séjours du temps où il était étudiant, en visite à un oncle expatrié si loin de sa famille pour ses expéditions géologiques puis devenu citoyen à part entière après y avoir enseigné, quand l'eau d'érable monte, c'est la fête, un rite presque ancestral, les cabanes à sucre deviennent des lieux de visite touristique bondés, mais faut quand même éviter le folklore, comme partout. La sève de cet arbre merveilleux de bienfaits est cependant là, bien là, et on l'exploite à fond dans les érablières. A vous de jouer sur Google si vous voulez en savoir plus. Moi, ça me gonfle plutôt de faire du plagiat de Wikipédia ou autres sites ! Mon blog n'est pas fait pour ça, et je n'y vois aucun intérêt, je n'y parle que de ce que connais, c'est pourquoi je ne parle que de bouffe, et encore de celle que je sais faire seulement !
Or, du sirop d'érable, je n'en connais que le goût, celui auquel m'ont habituée les amis amateurs qui m'en rapportent dans leurs valises, un goût qu'il faut distinguer du "faux". Comme pour le miel, c'est un produit très trafiqué, et même à lire les étiquettes, on n'évite pas un aliment bien dévoyé... Cette année, la production, qui commence de la fin de l'hiver à la fin du printemps, a débuté un peu tardivement car là-bas aussi, la chaleur a eu du mal à arriver. La grande effervescence se situe en mars-avril. Si vous y allez, vous m'en envoyez une caisse, hein ?!
La voilà enfin : à peine le printemps a-t-il montré son nez, voilà déjà l'été, avec ses chaleurs tor-ri-des, si, moi, dès que ça dépasse 22° sans brise maritime, aïe, aïe, aïe, j'ai déjà trop chaud !!! Bon, je crois que je vais migrer encore plus au nord la prochaine fois, d'ailleurs, je pourrais saisir ce couac notarial pour refuser de signer et déjà chercher ailleurs, plus au nord encore, pourquoi pas en Suède, hi, hi ! J'adore donner des sueurs froides à mon grand blond. Il faut dire que, entre un qui adore la chaleur, l'autre qui la fuit, un qui est plutôt maximaliste et l'autre du genre minimaliste en matière d'architecture intérieure, un qui amasse et l'autre qui jette tout, la vie n'est pas toujours un long fleuve tranquille !!! Je crois que le futur, l'imminent nouveau déménagement, à 2 km d'ici, va être encore plus homérique que celui de Paris en Bretagne, c'est dire combien on est peu organisés et qu'on n'arrive toujours pas à trouver un terrain d'entente sur ce qu'on jette et ce qu'on garde !!!
Ouf, heureusement que, sur le sirop d'érable, on est d'accord ! Voici un mille-feuilles de crêpes au sirop d'érable, facile à faire et à déguster !
Il suffit de faire les crèpes fines, de les empiler environ par huit ou dix, puis de les découper avec un emporte-pièces ou un cercle de présentation. Les passer au grilloir quelques seconde pour caramaliser le dessus, puis arroser le tout généreusement de sirop d'érable et déguster ! Les yeux fermés, Titou me dit qu'il s'y croirait presque, dans une cabane à sucre ! Il est gentil, hein ?!!!


vendredi 10 avril 2015

2004BL86, ou un poulet au citron express pour une humeur acide

26 janvier 2015
(début billet en grand différé !)
2004BL86... Non, non, je ne joue pas à la bataille navale, c'est un astéroïde qui va frôler la terre vers 17h20 ! A vos jumelles ou téléscope s'il fait beau chez vous !
Ici, dans mon refuge breton, euh... je crois bien que je ne vais rien voir du tout, d'autant moins que je n'ai toujours pas de téléscope, je n'en ai pas acheté car un ami spécialisé dans ce matériel devait réajuster celui qu'il nous offrait pour notre mariage, à Titou et à moi, il y a... presque dix ans !!! J'espère qu'il ne va pas mettre autant de temps à réajuster l'appareil qu'on a mis de temps, nous, à réfléchir avant de s'engager (24 ans !).
Ah, la notion du temps ! Avec certains, il ne faut pas être pressés...
Pour le télescope, je crois bien qu'on aura plus vite fait d'aller au magasin en acheter un nous-même pour nous-mêmes !
Tiens, moi aussi, je vais faire comme ça, des cadeaux, hi, hi, du genre "j'ai un truc super pour ton anniv., je te l'apporterai la prochaine fois !". Moyennant quoi, puisqu'il n'y a rien à apporter, je n'irai plus aux anniversaires, une corvée de moins !!! M'enfin, faut pas être égoïste. Ce n'est pas parce que je n'ai jamais compris pourquoi et comment on pouvait éprouver cette espèce de joie irraisonnée de fêter son déclin d'année en année qu'il faut croire que tout le monde pense comme moi, hein ?! Même jeune, je n'avais pas envie de penser à mon anniversaire, cette date qui venait m'éloigner de plus en plus de ces instants préservés auprès de mes parents, où je n'avais rien à prendre en charge ni de responsabilité à assumer, à part les honorer en me montrant à la hauteur de ce qu'ils appelaient des "gens bien"...
Vendredi 10 avril - 
En reprenant ce billet aujourd'hui pour continuer mes petits points de suspension, je me suis aperçue que je n'ai plus aucune idée de ce que j'allais vous raconter dans le prolongement de ma précédente pensée. Ou si, mais je ne dispose pas du temps nécessaire pour vous pondre un petit traité du genre "De l'amitié" par Colibri ! Trop prétentieux... 
J'ai quand même l'humeur encore acide aujourd'hui, pas à cause des magnifiques citrons non traités en provenance de Sicile qui me supplient de les cuisiner (j'aurais bien voulu en faire des achards mais pas le temps, c'est long à faire, ces achards qui me rappellent Sacha, un ami russe que je n'ai pas vu depuis longtemps, lequel, à table, me demandait toujours de lui repasser "(mes) merveilleux citrons", au milieu du brouhaha de l'assemblée d'amis que j'invitais souvent, pour le distraire, quand il venait en visite en France...), plutôt à cause d'états d'âme liés au genre humain..., même si, dans l'ensemble, c'est une espèce que j'aime bien. La preuve, j'adore en avoir autour de moi souvent ! J'en reçois ce soir, une invitation un peu improvisée, donc on va faire avec les moyens du bord, et pourquoi pas en mettant en avant ces jolis citrons de Sicile. Je vais faire un poulet au citron express au four (c'est cuisine express en ce moment, je l'ai déjà dit, et ça ne va pas changer avant longtemps !) : préparation 15mn ; cuisson 45mn sans surveillance avec un four programmateur, ou avec surveillance juste pour ne pas oublier d'éteindre le four si vous vaquez à d'autres occupations en attendant que votre poulet soit bien doré, comme moi, aujourd'hui : je dois tailler quelques arbustes de ce jardin qui n'est pas à moi, mais que j'ai quand même planté pour en améliorer un peu les abords. Je ne pensais pas occuper cette location si peu de temps (même pas un an à plein temps, misère de misère, avec tous les travaux d'amélioration que j'y ai faits, dedans et dehors, c'est le proprio qui va se frotter les mains !).
Un poulet qui dore tout seul, délicieusement parfumé au
laurier et au citron, ça, c'est de la cuisine comme j'aime !
La recette ? Trop facile, elle est dans le titre ! Le plus compliqué est de trouver les poulets, ceux qui ont le goût d'un vrai poulet, pas de carton mâché, pas de ceux dont mon chef de gare m'a dit la dernière fois, en parlant des industriels du coin, en référence à une usine célèbre : "Ceux-là, on me les donnerais, je ne les mangerais sûrement pas !". Mais, mon brave monsieur, il faut nourrir toute la planète, bon ou pas bon... au goût. Quant aux qualités intrinsèques, je n'aborderai pas le sujet en quelques lignes... Bon, allez, comme ce n'est pas long, je vous l'écris !
poulet au citron express au four
poulet, citron, laurier, ail, sel

  • préchauffer le four à 200
  • garnir le fond d'un plat de beaucoup de feuilles de laurier,
  • couper les citrons en grosses rondelles, les épépiner, poser sur le laurier,
  • saler, ajouter un peu d'eau pour mouiller à peine le fond du plat,
  • frotter uniformément le poulet avec vos mains très légèrement huilées, mettre à l'intérieur quelques feuilles de laurier, une gousse d'ail écrasé et une peau de citron
  • poser les poulets sur le tout,
  • enfourner 45 mn
Laisser reposer les poulets au moins 15 mn avant de découper. pendant ce temps, récupérer les rondelles de citron dans un bol, filtrer le jus rendu, l'ajouter dans le bol avec les rondelles de citron, servir en sauce avec le poulet. Mon accompagnement préféré pour ce plat est le riz nature, le tout parsemé de ciboule et de coriandre hachées.

Je compte un poulet de 2kg pour quatre personnes, en servant un pilon ou un haut de cuisse, et un peu de blanc à chaque personne. Et je me régale de la carcasse, en douce, j'adore !!!
Personnellement, je préfère faire le poulet au citron façon tagine ou en cocotte. Les amateurs de peau grillée, dont Titou, aiment bien cette version au four.

lundi 6 avril 2015

billet exprès pour des cailles express

On a vu, dans mon précédent billet, que, depuis quelque temps, c'est fast cooking, ce qui ne veut pas dire fast food quand même, gardons nos valeurs gastronomiques bien françaises, hi ! Les cailles ont toujours été un mets apprécié chez nous. Quand j'en vois de belles provenant d'un bon élevage, dodues mais pas grasses, je ne résiste pas. Même avec les fêtes, sur les marchés par ici, les commerçants sont très frileusement sortis de l'ordinaire, l'agneau  restant, semble-t-il associé, à cette période pascale.
J'ai été déçue de ne pas trouver de foie gras cru pour farcir mes cailles... Du coup, pas de chichis, c'est l'occasion de m'en tenir à mes résolutions du moment : moins d'une heure en cuisine par jour, ai-je dit, non mais, je vais y arriver, il n'y a pas que la bouffe dans la vie à ce que pensait mon papa, lui qui était plutôt gourmet que gourmand (je n'ai pas su choisir, alors je cumule, c'est grave !) mais qui n'a jamais même fait un café de ses mains ! Pour cette recette express, j'ai mis exactement 45 mn en tout, en vidant les cailles moi-même !
cailles en cocotte avec pommes de terre et myrtilles
Compter par personne :
2 cailles prêtes à cuire
1 pomme de terre moyenne épuchée coupée en petits morceaux
1 petite poignée de myrtilles
Autres pour l'ensemble du plat :
1 oignon haché très fin
ail haché fin, sel, poivre
un peu de bouillon de volaille ou d'eau
  • faire revenir un peu d'huile dans la cocotte,
  • ajouter les cailles, les faire dorer de toutes parts à feu vif,
  • ajouter l'oignon, l'ail et les pommes de terre,
  • saler, mélanger doucement pour ne pas abîmer les cailles,
  • mouiller avec un peu de liquide,
  • cuire à couvert à feu moyen environ 30 mn (selon taille des cailles), en vérifiant qu'il reste toujours un fond de liquide dans la cocotte,
  • ajouter les myrtilles, donner un coup de cuiller pour que tout soit à même température
  • servir aussitôt, en parsemant de ciboulette.
NB : Si je flambe les cailles, comme je les aime souvent, je le fais à la fin de la deuxième étape de cuisson : une fois les cailles dorées. Je choisis alors l'alcool en fonction de la garniture d'accompagnement (whisky avec des marrons, calva avec des pommes, cognac avec des pruneaux...).
Si vous faites vider vos cailles par le marchand, n'hésitez pas à passer derrière lui pour vérifier leur "nettet", toute trace de plumes ou de viscères non éliminés pouvant nuire au goût de cette bonne viande !

La cuisson à la cocotte convient bien aux cailles, la chair reste fondante et parfumée. Titou les aime bien dorées, moi non ! Je me suis fais plaisir ! La garniture, elle, faisait l'unanimité : délicieusement acidulée, avec les myrtilles fraîches !

dimanche 5 avril 2015

violettes sous les pas, se fanent, se fanent, ou quand la soupe est encore en cuisine pour un printemps en panne

Voici presque un an que nous sommes ici, à une belle distance de la capitale qui ne reste pas un lointain souvenir puisque nous y retournons assez souvent, Titou, surtout, pour ses affaires. Voici presque un an que je me découvre l'âme un peu irlandaise, à parler du temps du matin au soir, tellement j'ai l'impression que, d'avoir les quatre saisons dans la même journée, c'est devenu un sujet en soi...
L'hiver s'étire sans avoir vraiment envie de lever le camp, c'est tout juste si le printemps ne se veut pas pour seule patrie Arles, pendant que les fraises de France et de Navarre s'étalent déjà à profusion sur les marchés sans réveiller en moi aucune envie. Il faut dire que les fraises, d'ici ou d'ailleurs, je ne cours pas après. S'il m'arrive encore d'en trouver dans les jardins d'amis, alors là, oui, c'est la ventrée, il vaut mieux pas qu'ils m'invitent quand elles commencent à rougir. Un souvenir d'enfance me revient : il y avait dans le bourg du village français de mon enfance un bureau de tabac tenu par deux vieilles filles, deux sœurs aussi opulentes l'une que l'autre. Je les revois débordant largement du comptoir où elles s'asseyaient parfois, ou du moins essayer de le faire, ensemble quand j'allais occasionnellement y chercher des cigarettes pour mes parents. Des cartouches entières, différentes pour mon père et ma mère. C'étaient de bons clients, à n'en pas douter ! Si bons que les deux sœurs nous gâtaient parfois avec des poignées de bonbons, ma jeune sœur et moi, ou encore ne manquaient pas, le temps venu, de nous envoyer cueillir des fraises pour nos parents dans un jardin qu'elles avaient non loin de là, derrière l'ancienne gare, où plein de fruitiers poussaient sans soins particuliers, de même que les fraises, charnues, bien juteuses, savoureuses. De juin à octobre, nous ne manquions pas d'y aller les après-midis où nous n'avions pas classe, non seulement pour en cueillir mais aussi pour nous en régaler sur place, autant que des groseilles, prunes ou autres fruits de saison. J'ai le vague souvenir peut-être faussé par les années, que, de ce temps-là, il faisait beau du printemps jusqu'à l'automne sans discontinuer, à part un ou deux orages au mois d'août.
Or, depuis que je suis ici presque définitivement, dans ce coin de Bretagne pour lequel je me suis prise d'affection il y a une quinzaine d'années, j'ai pris conscience que nous n'avons plus guère que deux saisons dans l'année. J'ai l'impression de passer de l'hiver à l'été, puis de l'été à l'hiver, sans que mon corps ne ressente plus de joie excessive à l'arrivée du printemps, ni ce sentiment merveilleux, indéfinissable, où la joie et la tristesse se mêlent dans une étrange bigarrure aux prémices de l'automne. Heureusement que, en dehors de ma notion du temps qui passe, la nature, ce qu'il en reste de ce que nous en avons fait, est encore là pour me rappeler les saisons.
En ce moment, les primevères, signes incontestables que l'hiver est fini, ont envahi les talus herbeux tout le long des chemins de mon nouvel environnement. Dans les jardins, c'est surtout la violette qu'on remarque : des tapis entiers, d'un bleu magnifique. Elles laissent un parfum délicieux quand je les frôle à peine de la main les jours où la pluie veut bien cesser quelques heures. Il y en a partout dans mes anciens jardins, où je suis allée vérifier le travail du jardinier une dernière fois, avant de passer les clés aux prochains propriétaires, avec un pincement au cœur irrépressible : ces jardins, je les ai plantés de fond en comble de mes mains. Certains arbustes venaient même de ma cour parisienne où ils étaient un peu à l'étroit. Encore une page qui se tourne...
Le printemps est très en retard dans ce jardin où seules les
violettes forment des tapis bien denses par endroit...
Des violettes, il y en aussi plein dans mon nouveau futur jardin, que j'ai eu l'occasion de visiter à nouveau hier, une fois encore avant de signer bientôt, afin de vérifier que les lieux sont bien vidés et de prendre la mesure des travaux à envisager dedans et dehors avant emménagement. Ben, il y aura quand même du boulot, ouille, ouille, ouille ! Les taupes s'en donnent déjà à cœur joie à voir les dégâts qu'elles ont causés sur la pelouse, qui ressemble d'ailleurs à tout sauf à une pelouse. Il semble que depuis que nous avons signé le compromis, les vendeurs ont cessé tout entretien extérieur. Je comprends aussi qu'ils aient d'autres préoccupations, vider une maison familiale n'étant pas une mince affaire, le plus jeune des coïndivisaires semblant très affecté par la vente de "sa" maison...

Des violettes, il y en a des parterres entiers ! Même dans les allées en graviers. Des fleurs énormes, déjà en train de faner malheureusement. J'aurais pu en faire une jolie gelée, mais, pensez-vous, avant nouveau déménagement et nouvel emménagement, j'ai d'autres chats à fouetter, je suis déjà sur les rotules rien que d'y penser, alors que mes cartons du précédent déménagement n'ont pas bougé d'un poil dans la maison que j'habite depuis un an, que je croyais pouvoir correspondre à nos besoins après gros travaux que nous y avons effectués, où j'ai même aménagé une seconde cuisine pour pouvoir installer mon super piano (de cuisson !). Mais valser d'une cuisine à l'autre quand tout n'est pas centralisé, c'était devenu un exercice périlleux quand je recevais. Je me suis beaucoup énervée à perdre du temps entre les deux, sans savoir rationaliser le rangement. Et comme je ne trouvais plus non plus mes affaires habituelles, j'ai dû réassortir la maison en tout : linge de maison, ustensiles de cuisine et vaisselle. Voilà, je pourrais faire une brocante à moi toute seule une fois qu'on sera installés dans la future maison : si je n'ai pas tout en triple, je n'ai rien. Et comme le dit Titou quand je m'arrête encore devant la vaisselle ou autre robot infernal, quand ce n'est pas un super four grandeur baron d'agneau (*) : "Arrête d'acheter encore, tu pourrais déjà monter un restaurant de 50 couverts sans problème !". Pour le prochain déménagement, j'ai quand même décidé de faire un peu le "tri" avant, parce que faire déménager des mètres cubes qui vont finir à la décharge ou chez le brocanteur du coin, ce n'est pas d'une saine gestion ! M'enfin, ce n'est qu'une décision du moment, j'attends de voir si je prendrai le temps de mettre à exécution, je sens déjà que ce sera encore une résolution qui va rester poche restante. Quand j'entends des amis déjà à la retraite me dire "je n'ai pas le temps", je lève les yeux au ciel ! Comment je fais, moi, alors ?! En fait, j'aimais bien tout gérer chez moi, tout en travaillant, mais je m'aperçois que l'âge venant à pas de velours, soit je n'ai plus l'énergie nécessaire et je suis plus lente, soit je relativise plus en laissant parfois des choses en l'état dès lors qu'elles ne sont pas primordiales dans ma vie... Sauf que, à raisonner comme ça, je me dis que, finalement, rien n'est vraiment nécessaire, et que si j'allais à l'essentiel seulement, je n'aurais plus besoin... même de déménager !   
Une chose est sûre : je fais de moins en moins de cuisine ! Là aussi, je vais à l'essentiel depuis quelque temps, et je me suis adaptée à l'approvisionnement du coin. Je vais au plus simple avec les moyens du bord, sans me lamenter sur ce que je ne trouve pas... C'est comme avec le temps ? Il pleut, ben, au lieu de jardiner, bouquinons ! Il ne fait pas chaud, ben, mangeons une bonne soupe pour nous réchauffer ! Il faut dire que les derniers vents d'est ont été assez violents ici. Je me suis donc remise à faire de la soupe, de toute nationalité, de la plus simple à la plus élaborée, de celle qui, l'air de rien prend une demi-journée (le pho vietnamien, par exemple, à laquelle j'ai fini par renoncer dès lors qu'il me manque l'essentiel pour qu'elle soit bonne : les herbes aromatiques censées sublimer son goût unique !), à celle la plus rapide et facile à concocter. En tout cas, une bonne soupe consistante le soir, et ça ira, plus de tra la la au dîner, puisqu'on "campe" dans cette, autant vivre comme en vrai camping, c'est-à-dire se dégager un maximum de temps pour être "dehors" (sur la toile, hi !) à s'occuper à autre chose (enfin, je crois, je n'ai jamais campé de ma vie !). Et une bonne soupe, ce n'est pas Titou qui s'en plaindra car il adore la soupe, au grand désespoir de sa mère qui, elle, trouve que c'est très "paysan". Et moi aussi, j'adore les soupes, j'en suis même une... au lait, à ce qu'en dis le grand blond !
Aujourd'hui, je vous en propose une inspirée d'une soupe portugaise qu'on aime beaucoup.
caldo verde à ma façon
pommes de terre épluchées, brocoli feuilles (*) ou chou vert bien lavé et coupé grossièrement en julienne, oignon, ail,
chorizo
huile d'olive, sel 
Réserver un peu de chou émincé très fin pour l'ajouter cru au moment de servir,
ça donne vraiment du peps à la soupe.

  • couper le chorizo en rondelles, réserver,
  • démarrer la cuisson, à froid dans de l'eau salée, des pdt coupées en gros morceaux et d'un gros oignon à moitié crucifié (cela permet de l'enlever facilement après la cuisson des pdt) - cuire 20 mn,
  • pendant ce temps, couper le chou en julienne, en gardant quelques belles feuilles à émincer très finement et à réserver (ce sera à ajouter cru au moment de servir),
  • enlever et jeter l'oignon,
  • ajouter le chou et l'ail haché, poursuivre la cuisson 15 mn,
  • rectifier l'assaisonnement,
  • mixer grossièrement la soupe,
  • redonner un bouillon pour qu'elle soit brûlante,
  • ajouter un bon filet l'huile d'olive,
  • servir immédiatement, en ajoutant les rondelles de chorizo et en parsemant de quelques lamelles de chou cru émincé
  • mon plus : j'arrose d'un filet d'huile d'olive pimentée, parfumée au laurier et à l'ail. J'en prépare toujours quelques bouteilles d'avance (recette ci-dessous) car j'aime bien en mettre dans les pâtes, sur les pizzas, le pain, les légumes cuits à la vapeur...
La quantité d'eau au départ de la soupe est question de goût, selon que vous préférez une soupe épaisse ou plus liquide...
(*) Il est difficile de trouver du brocoli feuilles ou le chou vert spécial (à moins d'avoir un "portugais" ou un "chinois" à proximité) qu'utilisent les portugais pour cette soupe telle que je l'ai mangée la première fois dans le pays, il y a bien longtemps. A Paris, ce n'était pas un problème non plus, on trouve de tout. Ici, euh... Par chance, autour de chez moi pousse sauvagement le colza, son goût s'en rapproche beaucoup. Sinon, le kale, un chou redevenu très mode (ah la la, qu'est-ce qu'on mangerait sans la mode qui nous remet au goût du jour des variétés oubliées, les ancêtres de nos légumes actuels, pfff...) peut aussi faire l'affaire !


huile d'olive pimentée, parfumée au laurier et à l'ail
Choisir une bouteille à large goulot
- y introduire quelques belles feuilles de laurier légèrement entaillées dans la longueur,
- ajouter quelques gousses d'ail écrasées et des piments oiseaux séchés fendus en deux,
- remplir la bouteille d'huile d'olive.
Attendre au moins deux semaines avant de consommer. Cette huile peut se conserver assez longtemps

(*) Le baron d'agneau est une pièce de viande qui comprend les deux gigots encore attachés ensemble ainsi que la selle. Pour une tablée de 16-20 personnes, c'est l'idéal ! Effet garanti quand il arrive à table, mais bonjour le maître de maison s'il doit le découper devant tout le monde ! Vu l'adresse de mon blond, je ne m'y risquais plus : une fois la pièce présentée, je m'en vais la découper en cuisine !!! 



mercredi 11 mars 2015

trois fois triste hier, ou quelques croissants au beurre pour se détendre et jouer avec des blogs amis

On parle souvent, on ne parle que, de soi sur nos "bloguinets" chéris. Or, hier chez TM (ICI), il était question de laisser  la parole à ses lecteurs afin que ceux-ci parlassent d'eux, en douze questions inspirées d'une émission que le premier avait écoutée à la radio sur Max Frisch.
1/ Aimeriez-vous être votre femme/votre mari ? Sûrement pas, "ingérable" a dit de moi un ami d'adolescence qui me suit par intermittence. Et on me traite souvent de "petit monstre"...
2/ Qui auriez-vous préféré ne jamais rencontrer ? Moi ! Même motif...
3/ Aimeriez-vous posséder la mémoire absolue ? Sans hésitation, non ! Déjà que je suis à moitié folle avec ma petite cervelle d'oiseau... Et pourtant, ce serait bien tentant, d'avoir la science infus(é)e...
4/ Quel mort aimeriez-vous revoir ? Aucun, ils sont bien où ils sont, enfin en paix en leur âme et conscience, loin des bruit et fureur du monde des vivants !
5/ Auriez-vous préféré appartenir à une autre nation (culture) et laquelle ? Etant multiculturelle, c'est une question à laquelle il m'est difficile de répondre. Curieuse de tout, je pourrais répondre "à l'Universalité" si elle existait.
6/ Quel âge aimeriez-vous atteindre? Etre la doyenne de l'Humanité me botterait bien, et ne jamais mourir, ce serait encore "plus mieux"... C'est trop frustrant - et absurde - de penser à la fin, la fin de soi...
7/ S'il vous arrive de vous imaginer n'être pas né, cette idée vous trouble-t-elle? De savoir qu'il existe dans l'Univers un endroit aussi magnifique que la Terre et de ne pas l'avoir su, oui cela pourrait me troubler. Mais je ne puis dire cela que parce que je suis née, c'est le summum de l'absurdité, cette question !
8/ Quand vous pensez à des personnes décédées: souhaiteriez-vous que telle personne vous parle ou préféreriez-vous lui dire encore quelque choseQu'elle me parle, non, on ne peut pas forcer les gens à aller dans leurs retranchements pour dire ce qu'ils n'ont pas envie de dire, mais je regrette de n'avoir jamais pensé à dire à ma mère que je l'aimais.
9/ Aimez-vous quelqu'un ? Non...
10/ Et qu'est-ce qui vous amène à cette conclusion ? L'amour étant un sentiment qui doit être absolu, il m'est difficile de dire que j'aime quelqu'un dans l'absolu, car j'en aime bien quelques-uns mais souvent par intermittence seulement, et aimer quelqu'un, c'est un peu exclusif des autres...
11/ A supposer que vous n'ayez jamais tué personne: comment expliquez-vous que vous n'en soyez jamais arrivé là ? Jamais aimé assez pour cela, sans doute... Ou alors je refuse de faire ce que je n'aimerais pas qu'on me fasse...
12/ Quel espoir avez-vous abandonné ? Celui d'aimer... dans l'absolu !

Ah, ça fait du bien de parler de soi !!! Finalement, je n'ai pas l'impression d'avoir changé depuis que j'ai forgé ma personnalité, à l'adolescence, j'ai toujours cette sensation d'ennui en tout, lié à la vanité des choses, même des sentiments. Ou alors ne crois-je pas au bonheur, tout simplement : s'il était un état permanent, on n'aurait pas conscience de son existence... En contre-partie, j'ai le sens du plaisir, ce qui n'est déjà pas mal, hein ?
Et un de mes plaisirs le matin, c'est de déguster un croissant à peine tiédi, sentant encore bon le beurre et la pâte ! A l'époque où j'habitais au-dessus d'une boulangerie rue de l'Arbre-Sec à Paris, JJB n'avait qu'à dévaler les escaliers en deux secondes pour les rapporter à la table du petit'déj qu'il venait de préparer aussi. Et oui, je ne sais pas pourquoi, ce sont toujours mes hommes qui ont préparé le petit'déj, et je ne sors du lit qu'après que l'odeur du café est montée jusque dans mes narines. Rien de moins compliqué pour me mettre de bonne humeur, même si celle-ci ne dure jamais assez longtemps à mon goût et à celui des autres !
En arrivant dans ma nouvelle région pour m'y installer quelque temps - et pourquoi pas définitivement -, quelle déception de ne pouvoir trouver à plus de trente kilomètres à la ronde une boulangerie digne de ce nom, avec des croissants qui ne sortent pas des "surgelothèques" où s'entassent, à l'abri du regard des clients, viennoiseries, gâteaux de toutes sortes, et même... pains ! Depuis que chez le soi-disant artisan boulanger de mon plancher des vaches immédiat j'ai acheté une baguette tellement froide à l'intérieur qu'elle en était encore blanche de cristaux de gel, je les déteste tous, ces metteurs en œuvre de pains au nom plus alléchants les uns que les autres, immangeables de mon point de vue : farine avec trop d'additifs qui rendent la pâte élastique, le pain avec peu de croûte, une mie insipide et inodore, le tout impossible à mâcher agréablement, si ça ne colle pas au dents, ça vous arracherait le dentier si vous en avez un ! La qualité n'est jamais au rendez-vous derrière tous ces noms de procédés de fabrication estampillés plus ronflants les uns que les autres... Et pourtant, ils ont du succès, ces "campaillette", "rétrodor", ou autres. On dit que je suis difficile. Quoi, quoi..., j'ai le droit, non, de me rappeler ces boulangers en "mimile" sortant comme un diable de leur sous-sol tout enfarinés pour livrer leur première fournée toute chaude ! Je ne manquais pas de leur acheter un bout de pain avant d'attraper le car scolaire, même si j'avais déjà l'estomac lesté avec des œufs sur le plat et du pain de la veille (encore mangeable, pas comme celui de nos jours !), qui constituaient alors mon petit'déj. favori à l'époque, à l'exemple de mon père.
En 2005 déjà, était paru dans  Le Monde un article sur la folie des pains (ICI). Alors, pour ce que j'en dit aujourd'hui... C'est de pire en pire ! Ici, j'ai fait des kilomètres pour essayer les boulangeries dont on me disait du bien. Ben... Ben non, que ce soit la baguette ou les pains spéciaux, rien ne trouve grâce à nos yeux, car Titou aussi est un amateur de... bon pain, bien que nous n'en mangions que très peu : je n'en sers jamais pour nous au repas, sauf pour le fromage, que, souvent, je ne sers plus non plus après le dîner que je fais habituellement assez copieux. En revanche, j'aime bien faire un repas uniquement composé de fromages, ou de charcuterie, où, effectivement, le pain fait aussi partie de la dégustation. Et, dans ce cas, le pain Poilâne reste mon préféré (la boutique principale rue du Cherche-Midi - 75006 Paris, est un lieu où j'aime aller le chercher, même si dans la capitale il y a pas mal de dépôts qui vendent leurs pains... sous cellophane. Dans ma presqu'île, faut pas rêver, snif...
Il y a longtemps que je n'ai pas fait de pains, un sujet dont j'ai déjà beaucoup parlé dans ce blog (le volume I sera réédité bientôt, promis, juré !). Sa confection reste pour moi un pur moment de pur bonheur car pleine de symboles... Et tout cela, sans MAP, hein ?!! C'est comme ça aussi, chez moi, j'aime ou je n'aime pas, je fais ou je ne fais pas. Je n'aime pas trop les demi-mesures. Et tous les pains dégustés chez les amis qui ne jurent que par la MAP ne m'ont jamais convaincue. Tiens, en parlant de machines qui ne m'ont pas convaincue, en voici encore une, tout récemment acquise : la friteuse électrique, celle censée vous fournir des frites aussi bonnes que les traditionnelles cuites dans un bain d'huile. Ben, essayer, ce n'est pas adopter !!! et pourtant, j'en ai choisi une de haut de gamme. Là voila déjà reléguée au sous-sol, parmi d'autres ustensiles ou machines que j'ai voulu tester sans conviction...

Cette friteuse est censée aussi mitonner quelques bons petits plats. Mais je n'en vois vraiment pas l'intérêt pour moi, dont la matière du contenant est très important pour la saveur des aliments, tout autant que la qualité de l'aliment lui-même... Je trouve que la matière dont sont faites ces machines communique toujours une odeur désagréable à la cuisson à température haute...
Inconvénient en plus : aucune friteuse électrique domestique ne permet d'en cuire beaucoup à la fois (1,5 kg au maximum). Or, c'est quasiment la quantité qu'on mange à deux !!! C'était frustrant, la dernière fois où nous avions reçu deux blogueurs amis venus me rendre visite pour la grande marée. Pour sept personnes, on est vraiment resté sur notre faim, surtout les enfants !
Bon, je n'ai plus qu'à ressortir ma friteuse à bain d'huile, quand je l'aurai retrouvée dans mes cartons non encore déballés... depuis presque un an que nous sommes arrivés dans notre nouvelle région où, après m'être arraché les cheveux pour mes premiers dîners où je n'arrivais jamais à trouver ce que je voulais, propulsée dans ce lieu improbable à tous points de vue, avec mes habitudes à Paris où, en un coup de taxi, je pouvais trouver n'importe quel ingrédient des plus fantaisistes, j'ai fini par me ranger à l'idée qu'on doit simplifier notre façon de nous nourrir, d'autant plus que si on n'a peu le choix en terme de variétés, on a le choix en terme de qualité : beaucoup de producteurs locaux travaillent vraiment bien les viandes bovine et ovine, la volaille en plein air, et quand on a la chance d'être entouré d'élevages familiaux, il suffit d'être sympa pour pouvoir se retrouver avec des lapins, des poulets magnifiques et délicieux... Et les pêcheurs passionnés du coin offrent aussi des poissons très frais, même si ce n'est pas très varié et que je ne trouve pas toujours chez eux mes préférés. A part le bar (très bon quand il est ligne) ou du lieu jaune dont ils se font les gorges chaudes par ici mais qu'on n'aime pas du tout (je trouve que c'est fade et que ça sent mauvais), je n'ai guère vu d'autres poissons sur les étals du coin. En revanche, du homard, des tourteaux à profusion. Mais on s'en lasse vite...
Pas comme de mes croissants au beurre, tous les jours, ça me va ! Ben oui, je m'y suis remise, aux croissants, vu que je n'en trouve pas de mangeables à proximité ! Cela faisait bien longtemps que je n'en avais plus fait, ayant été toujours entourée, à Paris, de bonnes boulangeries. En dernier lieu, en passant à République, mon quartier transitoire entre deux amours, je me suis souvenue de la boutique de Christophe Vasseur, un des vrais artisans boulangers de la capitale, qui mérite  le détour pour ceux qui aiment les bons croissants maison. Il fait aussi de bons pains spéciaux... Mais sans aller jusqu'à ces noms vedettes, il y a encore dans Paris encore quelques rares mais méritantes boulangeries artisanales qui fabriquent sur place de bonnes viennoiseries...
croissants au beurre



pour 12 croissants
(recette de base)
500 g de farine type 45 + un peu  pour le plan de travail
100 g de morceaux de beurre à température ambiante
250 g de beurre en plaquette
25 g de levure fraîche
140 g d'eau très froide
90 g de lait frais (on peut remplacer par de l'eau)
60 g de sucre semoule
12 g de sel

Ne serrez pas trop vos croissants sur la plaque de four, car ils gonflent énormément en cuisant !

  • mélanger farine, levure, sucre, sel, eau, lait et beurre pour former une boule, à pétrir environ 10 mn jusqu'à ce qu'elle soit homogène (je le fais manuellement, le robot donne une pâte plus élastique que je n'aime pas à la dégustation)
  • laisser reposer la boule au frais 20 mn
  • l'étaler pour former un rectangle d'environ 20 x 25 cm, couvrir d'un film et mettre au frais pendant 2 h au moins
  • pendant ce temps, étaler la plaquette de beurre pour former un rectangle d'environ 20x25 cm
  • sortir et étaler la pâte au rouleau pour obtenir un rectangle d'environ 6-8 mm d'épaisseur, de taille du double et légèrement supérieur au rectangle de beurre
  •  placer le beurre sur une partie de la pâte, replier l'autre partie pour l'enfermer en laisser des bords de pâte de part et d'autre
  • étaler ensuite la pâte en une bande d'environ 30 cm de large, ce qui donnera une longueur d'environ 60 cm pour garder une épaisseur d'au moins 6 mm
  • plier cette bande au deux tiers, rabattre l'autre tiers pour fermer le pli, puis plier en deux le tout, ce qui donne le premier tour à quatre plis
  • remettre au frais 1 h
  • sortir et étaler à nouveau la bande sur la même épaisseur et dimensions
  • plier la bande un tiers devant soi, replier l'autre tiers vers sois pour faire pliure, ce qui donne le deuxième tour à trois plis
  • remettre au frais 1 h
  • sortir la pâte et étaler pour obtenir une bande d'environ 30x60 cm
  • couper nettement avec un couteau tranchant les bords de la pâte pour faire apparaître le feuilletage
  • découper en triangles d'une base de 10 cm environ pour obtenir 12 pâtes à croissant
  • façonner en roulant de la base vers la pointe
  • poser sur une plaque à four, côté pointe en bas
  • mettre à lever dans un four tiède environ 10mn
  • dorer à l'oeuf (battre deux jaunes d'oeuf avec un peu de blanc) à l'aide d'un pinceau
  • cuire environ 30 mn dans un four préchauffer à 160° (je n'aime pas les croissants trop cramés, sinon vous pouvez cuire à ° plus fort mais moins longtemps) 
  • sortir les croissants du four en les mettant à refroidir un peu sur une grille avant de déguster.
Les explications sont longues et compliquées pour faire la pâte levée feuilletée, de même que  pour la pâte feuilletée tout court, deux pâtes que j'utilise beaucoup en cuisine.
Il faut savoir qu'il est important de placer le pli toujours du même côté quand on la travaille et d'étaler la pâte dans un seul sens (de bas en haut pour moi, je trouve que cela demande moins d'huile de coude !).
Pour ma part, je n'éprouve pas de difficultés particulières pour le tourage, mais si vous voulez des images explicatives, voici la meilleure vidéo que j'ai vue pour illustrer toutes les astuces pour faire de bons croissants.
Ensuite, vous adapterez selon vos propres goûts et tours de main. Ainsi, parfois, je double les tourages, ce qui donne un superbe feuilletage de la pointe jusqu'au centre du croissant, et mon plaisir ne s'arrête pas à croquer dans le croissant tout entier : au grand désespoir de mon grand blond, j'adore manger le croissant en... le déroulant ! "C'est bien la peine de passer autant de temps à les rouler", me dit-il !
  
Pas beaux, mes croissants, bien feuilletés jusqu'à la pointe ?!!
Allez, vous en reprendrez bien un, avant de repartir ?!


Comment, vous préférez la brioche ???

Bon, qu'à cela ne tienne, voici ma brioche Nanterre, mais pour la recette vous repasserez une autre fois, hi, parce qu'il faut que je m'ensauve et que c'est très, très long, d'écrire une recette !


Au fait, j'ai oublié de justifier le titre du billet !
Pourquoi trois fois triste ?
1. Parce que Sam Simon, le cocréateur d'une de mes séries préférées est décédé.
2. Parce que je repense à Zeb que même mes grands éclats de rire ne réveillaient pas quand il s'endormait sur ma table de repassage pendant que je regardais cette série.
3. Parce que je n'ai pas vu cette famille (les Simpson) affreuse, sale et méchante depuis que je suis ici, toujours en camping sauvage depuis un an ! Si ça continue, il va falloir que ça cesse !!!

Ce n'est pas ce à quoi vous vous attendiez ? Ah bon... Mais je ne suis pas sportive, moi, désolée...