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mardi 7 mai 2013

histoire de perruches vertes, avec une recette sauvage pour changer des asperges, quoique...


... j'en parle quand même ! Grave, docteur !
Le dimanche dernier était idéal pour faire un tour dans le bois limitrophe de ma maison. Le temps n'était pas encore trop chaud pour moi, je n'aime pas la chaleur, surtout en région parisienne. Partie tôt sans but précis, si ce n'est celui de cueillir un peu de tanaisie vulgaire, une plante sauvage repérée la semaine précédente, j'ai été attirée par un "cri" que depuis longtemps déjà j'avais identifié : celui des perruches vertes que j'aperçois parfois dans le bois, en train de voleter par bande au sommet des arbres, mais elles sont vives et disparaissent très vite dans le feuillage, me laissant juste le temps de reconnaître leur plumage vert. Or, hier, grâce à l'hiver encore persistant laissant les arbres en état d'engourdissement prolongé, et après avoir entendu ce cri bien spécifique, peu agréable à l'oreille car assez strident, j'ai levé les yeux vers un grand frêne, à ce qui me semble, de la cime duquel un couple de perruches ne semblait pas pressé de s'éloigner. Elles batifolaient joyeusement sur les hautes branches. Malheureusement, je n'avais pas ce matos-là (photographié sur un promeneur, bien plus tard..., woah, le zoom ! Bon, pas sûr quand même que mes petits bras auraient supporté son poids, et autour du cou, ça fait un peu lourd à balader !)
J'ai quand même réussi, après avoir pesté longtemps de ne même pas réussir à repérer les oiseaux sur mon écran sans viseur (ah, rendez-moi mon OM1 !!!), à capturer quelques images, un peu floues, mille excuses, cela m'a valu une sacrée crampe à la nuque et dans les bras levés dans le vide, vers je ne sais quoi ! Enfin, si, mais je n'espérais rien du résultat que voici. Vous reconnaissez des perruches, hein, dîtes oui siouplé ?!! Mes recherches sur le net m'ont appris que ce seraient des perruches à collier, sans doute échappées d'un contrôle de douane, lesquelles auraient réussi à s'adapter et seraient même devenues... invasives, bien sûr (c'est le même phénomène pour les plantes importées, hi).

 
 
 
 
 
Le temps n'étant pas des plus cléments, il faut savoir tirer profit de la situation. Pour ma part, je ne m'en plains pas, car c'est la saison où tout cueilleur gourmand devrait avoir dix mains à défaut de bénéficier d'un statut à repose-ta-tête, le printemps étant la meilleure saison pour sortir son panier à sauvages. Tout a poussé à une allure affolante, mais avec le froid qui ne s'éloigne pas trop, la végétation reste intéressante sur plusieurs semaines. La renouée du Japon a pris ses aises en une semaine, elle reste encore idéale à récolter dans mon coin. J'ai essayé la confiture (prochain billet). En attendant, je me suis aussi intéressée de plus près à la tanaisie, que j'avais déjà expérimentée en omelette, sans grande conviction. Aujourd'hui, j'en ai fait un gâteau, deux plutôt (car un "raté", qui s'est avéré très intéressant quand même).
Si on peut confondre la tanaisie vulgaire (Tanacetum vulgare) avec d'autres plantes aux feuilles très découpées, l'odeur qu'elle dégage ne laisse aucun doute sur son identité. Il suffit de frôler ses feuilles pour qu'elle exhale une forte odeur camphrée. Que dire alors quand on les froisse, l'odeur devient si intense que cela peut indisposer. J'aime cette essence, mais en cuisine, sa saveur puissante et son amertume qu'on ne peut occulter n'incite guère à la traiter comme un légume, seulement comme condiment ou pour aromatiser un dessert, ce que je fais le plus couramment, en attendant d'avoir le temps de la transformer en liqueur. Aujourd'hui, je vous propose, en fin de billet, deux gâteaux de ma fabrication sur la même base, à mi-chemin entre le flan et le clafoutis pour l'un, le même en version plus étouffe-chrétien mais qui a l'avantage de se garder plus longtemps et, surtout, de lester l'estomac et, facile en emporter, en randonnée, par exemple, il sera bienvenu lors d'une pause avec plusieurs kilomètres dans les jambons !
Mais d'abord, quelques informations et photos sur la tanaisie.
Ci-dessous jeunes pousses émergeant des souches desséchées de l'année précédente (celle-ci, la tanaisie vulgaire, est une plante vivace) 
Ci-dessous : fleurs de la tanaisie d'un jaune d'or très lumineux  
 
FICHE DESCRIPTIVE : plante vivace presque glabre qui se propagent en surface grâce à ses stolons très vigoureux, d'où une prolifération rapide en colonie dès qu'elle s'installe dans les lieux incultes, de préférence dans les endroits herbeux, les broussailles claires, les talus, les chemins... Ses tiges sont dressées, rameuses vers le haut, elles deviennent vite coriaces. Ses feuilles, en touffe à la base, sont alternes le long de la tige, d'un vert plutôt foncé, assez grandes, divisées en profondeur jusqu'à la nervure, pennées (fortement dentées). Ses fleurs jaunes d'or sont réunies en capitules aplaties, groupées en corymbes denses au sommet des tiges, elles sont très petites. Il paraît qu'elle fait des fruits, mais je ne l'ai jamais vue à ce stade de végétation. Je compléterai ma fiche une autre fois.
 
UTILISATION CULINAIRE : compte tenu de son odeur très pénétrante et de sa saveur amère, il faut, évidemment l'utiliser avec parcimonie, d'autant qu'à forte dose, elle devient dangereuse à ce qu'en disent les éminences grises. On utilise les feuilles et les fleurs, dont on peut parfumer des omelettes, des puddings, qu'on peut faire en infusion (attention, une toute petite quantité de feuilles suffit), transformer en liqueur...
 
Personnellement, j'utilise les feuilles au printemps, quand elles sont tendres et moins amères, comme en ce moment où les pousses démarrent, on peut encore couper les tiges à la base avec les ongles ; les sommités fleuries en cours d'été sont aussi très parfumées. Feuilles ou fleurs, je ne les ai guère jamais essayées qu'en dessert (laisser infuser dans le lait chaud avant de faire une crème anglaise, un flan, une crème pâtissière). Aujourd'hui, j'ai hésité, je voulais faire une crème anglaise, mais comme c'est la saison des asperges (??? qu'est-ce qu'elle raconte ici ?!) et que je n'arrête pas de faire de la mayonnaise, je n'avais pas envie de jeter encore mes blancs d'œufs, car je ne sais jamais à quoi les employer ensuite, n'étant pas très douée pour la meringue ni pour les macarons (je crois, je n'ai jamais essayé à vrai dire !). Bref, j'ai opté pour un gâteau à mi-chemin entre une génoise et un clafoutis, car, comme d'hab., j'improvise, même en cuisine sucrée, ce qui n'est pas toujours une réussite. Le gâteau d'aujourd'hui était magnifique à la sortie du four. Pour le goût, ben, à vous d'essayer. Moi j'aime bien l'odeur de cette plante, et comme j'en ai mis très peu, le goût amer n'est pas ressorti. En revanche la saveur camphrée, si ! 
Gâteau parfumé à la tanaisie
Ce gâteau se rapproche de près, par sa consistance, au flan, en plus léger grâce au blanc d'œuf monté en neige qu'on y ajoute.
On peut bien sûr remplacer la tanaisie par n'importe quelle plante aromatique cultivée à saveur exceptionnelle, c'est l'intérêt (romarin, réglisse, camomille, mélisse, toutes les menthes...)
 
- 10 feuilles de tanaisie prélevées sur de jeunes pousses
- 1/2 litre de lait
- 6 càs soupe de sucre cristallisé
- 2 càs de sucre glace
- 2 càs bombées de farine (*)
- 6 œufs jaunes
- 4 blancs d'oeuf
- un peu de beurre pour le moule
  • préchauffer le four à 180°,
  • faire fondre une noix de beurre dans le moule et l'enduire avec, 
  • chauffer le lait, y jeter les feuilles de tanaisie ciselées, chauffer à feu doux 3mn,
  • arrêter le feu après avoir porté à ébullition,
  • laisser infuser jusqu'à tiédissement puis filtrer,
  • blanchir les jaunes d'œuf avec le sucre en battant vigoureusement les deux ensemble,
  • ajouter la farine, mélanger d'une façon homogène au fouet à main,
  • ajouter un peu de lait, bien battre (le mélange est assez liquide),
  • battre les blancs d'œuf en neige ferme,
  • en ajouter un peu dans le précédent appareil pour le détendre au fouet à main,
  • ajouter le reste de la neige et bien mélanger le tout doucement,
  • verser dans le moule,
  • cuire à 180° pendant 45mn
  • démouler sur une grille à gâteau jusqu'à refroidissement.
  • Ce gâteau-là est délicieux tiède si vous aimez les flans et les clafoutis.
(*) Au premier essai, j'avais mis le triple de farine, ce qui avait donné un gâteau magnifique au démoulage mais très compact, pas très agréable le premier jour car assez bourratif, avec cependant un très bon goût et un parfum incontestable de tanaisie. Une fois bien refroidi, ce gâteau devient intéressant découpées en petites languettes, je le mange alors plutôt comme un biscuit au cours de la journée, et il se garde facilement plusieurs jours.

NB : ce billet est une reproduction quasiment à l'identique de celui paru sur BSetplus ce même jour (c'est une note à l'attention de ceux qui fréquentent ces deux blogs ;)
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vendredi 3 mai 2013

l'asperge, c'est trop bon, et vous en reprendez bien un peu...


... de ma mayonnaise maison, elle est vraiment bonne, mmmm... avec un goût de jaune d'œuf, de vrai œuf, pas de poudre d'œuf, de vraie huile de pépin de raisin (ma préférée pour l'huile "neutre"), de vrai jus de citron, etc. C'est de la vraie mayonnaise, surtout pas allégée, car il faut savoir ce qu'on veut : bien manger, de bonnes choses, sans excès, ou faire la grimace devant l'allégé, et encore plus la grimace quand on voit qu'on n'a même pas perdu un gramme en se gavant d'allégé !
C'est vrai de vrai, une mayonnaise maison, c'est simple à faire, et son goût n'a rien de comparable avec celle du commerce, même (surtout !) dite "artisanale", il m'est arrivé d'en acheter bien sûr, mais je n'en mangerai pas deux cuillerées et encore moins un bol ! Jugez-en vous-même, en essayant.
Bon, d'accord, le plus dur est de la "monter", mais je trouve l'exercice assez excitant, pas désespérant quand il arrive qu'on la rate (en été !) une ou deux fois avant d'y arriver. En ce moment, tout est impec, le temps surtout qui n'est pas trop chaud, et ça tombe bien, c'est la saison des asperges, mon légume de printemps adoré (enfin, parmi tant d'autres, je suis trop gourmande de tout ce qui est frais et de saison, en ce printemps tardif, je ne sais plus où donner de la tête !).
Les asperges, je les aime à toutes les sauces, mais rien de mieux, pour les premières, que de les goûter nature, juste cuites à la vapeur (on peu aussi les cuire à l'eau, mais je trouve dommage que toute la saveur se perde dans le liquide - dans ce cas, je le récupère pour faire un velouté).
CUISSON A LA VAPEUR : 20 minutes, c'est l'idéal, laisser reposer un peu avant de servir.
Elles sont alors ni trop fermes, ni trop molles, j'ai horreur de l'asperge qui se plie en deux quand on la prend avec les doigts, car certains aiment bien la dévorer avec les doigts, moi je fais plutôt ogresse avec la fourchette et le couteau, car j'ai aussi horreur de l'eau qui dégouline le long des doigts, voire de la main, quand je mange, mais vous faites comme vous voulez chez vous, hein, même chez moi, mais pas chez les autres s'ils sont un peu bégueules, il faudra attendre que la maîtresse de maison donne le ton : si elle attaque avec les doigts, vous pouvez y aller, et jusqu'au bout de l'asperge si elle est bien épluchée, pfff, sinon il faudra y mettre les doigts aussi pour enlever les fils de ses dents, pas joli, non plus, convenez-en ! Si madame prend sa fourchette et son couteau, ben tant pis pour vous, il faudra faire comme elle, et surtout ne pas manger l'asperge jusqu'au bout, aux deux tiers seulement, quel gâchis, quel gâchis, surtout si elle est tendre, tendre, zut et zut, je mangerai bien tout ce que laissent les voisins !!! Heureusement que ce n'est pas tous les jours qu'on est invités à déguster des asperges. Pour ma part j'ai renoncé à en proposer en dîner, beaucoup de personnes ne la supportent pas à cause de leur régime sans asparagine ou autre raison obscure dans le secret de leurs cabinets. Je préfère les apprécier en douce, Arthur les engloutis avec les doigts, il préfère, et moi, avec la fourchette et le couteau, mais, on les mange à la même vitesse, et autant l'un que l'autre, pas de jaloux, et dans ce genre de concours, personne ne se déclare forfait.
Et on en reprendrait bien encore un peu TOUS LES JOURS, jusqu'à la fin de la saison !!! Cuisinées à toutes les sauces, même les épluchures peuvent terminer dans une soupe ! L'asperge, c'est trop bon !

Un petit rappel sur ce légume dont je suis très friande :
Quelle que soit sa couleur, il s'agit de la même asperge à différents stades de végétation.
 
L'asperge blanche a poussé entièrement sous terre, à l'abri de la lumière. Son goût n'est pas encore très prononcé, assez subtil.
L'asperge violette a émergé de quelques centimètres de sa butte et sa pointe se colore sous l'effet de la lumière. Elle prend une légère amertume qui ne déplaît pas et qui la rend plus goûteuse, certains la considèrent comme la plus fine, c'est ma préférée car une dégage une petite amertume qui la rend plus savoureuse.
L'asperge verte a continué à pousser à l'air libre et doit sa coloration à la synthétisation chlorophyllienne qui se produit au contact des rayons solaires. Sa saveur est un peu plus marquée que les deux premières, et son bourgeon a un goût assez prononcé. C'est la seule asperge qu'il est inutile d'éplucher. Il suffit de la couper à l'endroit où elle finit d'être tendre.
 
A gauche : mayonnaise avec persil et ciboulette - A droite : sel et poivre.


 
 
ma mayonnaise de base
ingrédients : 1 ou 2 jaunes d'œuf, huile de votre choix, sel, poivre, jus de citron ou vinaigre de votre choix, moutarde
 
En passant, un mes trucs qui marche très bien pour rattraper une mayonnaise qui ne prend pas : ajouter une cuillerée d'eau tiède dans la mayo ratée et verser celle-ci sur le départ de la nouvelle.

- mettre le jaune dans un grand bol étroit de préférence, avec un peu de sel et de moutarde,
- ajouter un filet d'huile et battre pour faire prendre la mayonnaise,
- une fois prise, ajouter l'huile toujours en filet sans arrêter de battre (je le fais au fouet, la flemme de sortir un robot !)
- quand la mayonnaise a pris une bonne consistance, ajouter les assaisonnements, en continuant à battre pour bien mélanger,
- ajouter encore un peu d'huile si nécessaire, toujours en battant, pour obtenir une sauce bien ferme,
- pour finir et éviter que la mayonnaise ne retombe et croûte (pas jolie la couleur) la "cuire" avec une cuillerée d'eau chaude.
FILMER et METTRE AU FRAIS jusqu'au moment de l'utilisation.
Je ne la garde qu'un jour au frigo s'il en reste (pas souvent !).
Une bonne mayonnaise doit avoir une consistance très ferme.

Pas belle, ma mayonnaise ?
(photo déjà publiée dans un précédent billet)
 
On peut ensuite varier les goûts en ajoutant ce qu'on veut dans la mayonnaise : épices, herbes fraîches hachées, ail, échalote... Dans ce cas, finaliser son élaboration avant de la "cuire", comme  je l'ai préconisé ci-dessus.
Suggestions pour accompagner certaines entrées froides (œufs, fruits de mer, poissons blancs ou volaille en gelée ou chaud-froid...)  
- curry,
- piment d'Espelette,
- persil et ciboulette,
- estragon,
- menthe,
- basilic,
- cerfeuil,
la liste des herbes fraîches est longue, je ne m'en passe pas en cuisine, j'en mets partout !
 
 Bien éplucher les asperges, pour éviter les "fils" toujours désagréables au moment de la dégustation. Et surtout, aussi, bien les laver au niveau du bourgeon, entre les "écailles" si vous ne les enlevez pas, pour éviter... le sable sous la dent, tout aussi désagréable ! 
 
Vite, vite, de la mayonnaise avec tout ça !

mercredi 24 avril 2013

écho de blog (dédicace à Lulu et à Gildan), en souvenir de mon dernier métro


J'adore tout ce qui est underground, dont le métro, mais il ne m'aime plus, sniff,  car je suis devenue, sur le tard, un peu claustro !!! Grave, docteur ? Allez, il fait tellement beau aujourd'hui, il y a toujours des choses à fêter, ce serait dommage de s'enfermer dans le métro même si on peut être accro à son odeur, j'en connais au moins un qui l'est (il se reconnaîtra s'il passe par ici aujourd'hui), bien aseptisée désormais, ça sent plutôt le détergent et les brises peu légères dont on ne sait plus si elles sortent de vos ch... ou de votre cuisine, ou encore du flacon de parfum de la grand-mère ! Mais j'y avais vécu de très jolies rencontres dans les années 70-80 ! Souvenir, souvenir du poinçonneur des Lilas, d'avoir été, d'être ou ne pas être, mais que la joie demeure !
Je dédicace ce court billet à LULU et à GILDAN.
Bonne journée à tous, les bonbons sont pour vous !

lundi 22 avril 2013

addendum entièrement à part au billet précédent, et, cette fois-ci, de la cuisine, rien que de la cuisine, ma recette de cramaillote, ou gelée de fleurs de pissenlit, ou encore "miel de pissenlit"

La cramaillote, ou miel de pissenlit, trouve son origine dans le nom qu'on donne au pissenlit en Franche-Comté, le cramaillot, cette jolie fleur jaune qui s'épanche partout dans les prairies au printemps et qu'on trouve jusqu'à la fin de l'été avant qu'elle ne sème à tout vent ! Tout le monde connaît le pissenlit, je ne vous le présente donc pas, il suffit seulement de faire attention au lieu de récolte, choisir de préférence une prairie loin des champs cultivés pour éviter les pesticides.
Elaborée à base de pétales des fleurs de pissenlit, la cramaillote a l'apparence d'une gelée de fruit avec une couleur plus ou moins dorée qui s'apparente à celle du miel, dont elle a d'ailleurs un goût assez proche, mais avec une saveur très subtile, assez douce tout en restituant une petite pointe d'amertume de la plante, qui rappelle un peu certains miels puissants. Elle se consomme de la même manière, au petit-déjeuner, sur des tartines, c'est assurément un délice, au goûter c'est tout aussi bon. Mais je l'utilise aussi à d'autres occasions, en la servant, par exemple, dans une jatte pour accompagner les fromages de type chèvre frais ou sec, les bleus, ou encore, bien sûr les fromages de sa région, dont le comté, bien sûr, ou encore, en l'employant, d'une façon tout autant gourmande,  mélangée à une sauce de viande pour y tremper des travers de porc grillés, un gigot à la menthe ou un canard à l'orange… Bref, je suis une fan de cramaillote !!!
Il faut juste un eu de patience pour faire cette magnifique gelée ambrée, mais on est récompensé de ses efforts !
Ci-dessous, les trois principales étapes de la préparation des fleurs : lavage et séchage ; séparation des pétales ; macération avec citron et orange.
 
  
  
cramaillote ou miel de pissenlit 
  1. Cueillir des fleurs à parfait épanouissement, les pétales doivent être d'un jaune sans souillure, bien ouverts mais résistant encore un peu sur la tige lorsqu'on tire dessus,
  2. Lavez votre récolte rapidement à l'eau clair, bien sécher les fleurs (*a) en les étalant dans un grand saladier (ou autre contenant) sur du papier absorbant et en secouant de temps en temps délicatement,
  3. Séparer les parties jaunes (*b) de la fleur (là,  je ne peux vous conseiller une technique particulière, pour ma part je commence par le centre de la fleur, puis je rassemble les pétales, plus longs, du pourtour et je tire dessus en un seul geste, c'est ce que j'ai trouvé de plus rapide comme procédé !)
  4. Peser les pétales, les mettre dans un contenant assez grand pour les faire macérer avec de l'eau à raison de 1litre pour 400g, et en y ajoutant deux oranges et deux citrons coupés en rondelles avec la peau blanche et les pépins (une demi-journée, sans oublier de bien faire "plonger" les pétales dans le liquide, car elles sont très légères et remontent souvent à la surface)
  5. Cuire la macération telle quelle 30 mn
  6. La filtrer dans une grande passoire à petits trous, en pressant un peu avec le dos d'une cuillère pour extraire tout le jus, peser ce jus
  7. Ajouter 800 g (*c) de sucre pour 1 litre de jus
  8. Cuire la confiture pendant environ 30 minutes après ébullition, jusqu'au point de gélification (*d)
  9. Mettre en pot à chaud dans des pots à vis, retourner les pots jusqu'à refroidissement (*e)
(*) Quelques remarques sur la cramaillote (à commencer par son orthographe, on la voit souvent écrite "cramaillotte", personnellement, je l'écris à la façon Larousse), j'ai publié ci-dessus le meilleur résultat que j'ai obtenu, après plusieurs expériences :  
  • a) certains préconisent de faire sécher les fleurs au soleil avant utilisation, je trouve que c'est une hérésie, à moins d'aimer le goût du... foin !
  • b) certains font cuire avec les parties vertes de la fleur, mais cela donne un goût beaucoup moins subtil à cette fleur qui a du caractère !
  • c) je n'aime pas les confitures trop sucrées, mais on peut aller jusqu'à 1kg (maximum) de sucre pour 1l de jus... C'est un peu plus poisseux à la consistance.
  • d) le point de gélification est atteint, selon ma méthode empirique, lorsqu'on plonge la louche dans la bassine et qu'en la renversant au-dessus de la bassine les dernières gouttes sont épaisses, voire se figent sur le bord de l'ustensile sans retomber... Ce point de gélification est important à surveiller car une fois dépassé, et bien... la confiture redevient liquide, et il faut alors la cuire assez longtemps avant qu'elle ne prenne, ce qui donne une confiture moins fine, plus poisseuse... Le meilleur gélifiant naturel que j'ai trouvé pour l'instant est le citron, dont la peau blanche et les pépins contiennent beaucoup de pectine. Les choisir donc non traités mais avec beaucoup de pépins ! 
  • e) si j'ai le temps, je ne laisse les pots retournés que 10mn, ensuite je les place dans un seau d'eau froide à l'endroit, le choc thermique active la gélification...
Pour les généralités sur la confiture, vous pouvez aller lire ICI.

dimanche 21 avril 2013

rapide balade printanière à l'est avant de faire le grand écart vers l'ouest, pour quelques dédicaces en écho de blogs

Heureusement qu'il y a les blogs des copinautes pour me réveiller de ma léthargie de blogueuse paresseuse ! J'avais promis, en com. chez Enitram et chez Danielle, quelques fleurs, en écho à leurs billets ou en dédicace pour ce printemps aussi paresseux (et capricieux !) que moi !
Les magnolias fleurissent de partout en ce moment, ils explosent sur les blogs comme dans les jardins, c'est un arbuste que je n'affectionne pas particulièrement car je n'aime pas les grosses fleurs qui apparaissent sur les arbres sans feuilles encore.
Sur ce blog, j'avais déjà parlé (ici), du grand écart qu'on fait chaque année, entre l'est et l'ouest, au début du printemps, des choix de vie qu'on devra envisager en fonction des lieux qu'on aime ou de ceux que l'héritage familial nous impose, de l'hésitation qu'on peut marquer entre bénéficier d'un confort matériel proposé par les siens, et donc les devoirs de la charge qui vont avec, et le désir profond de vivre au jour le jour selon ses aspirations personnelles dépouillées du poids de la tradition, au gré de sa seule fantaisie qui, par définition, ne peut s'exprimer que sans contraintes... Peut-être inspirée par l'expérience de mes propres parents, qui ont vécu leur passion jusqu'au bout, la vie de bohème me convient, je n'aime les liens d'aucune sorte, et la propriété, c'est déjà une entrave à la liberté, j'aurais dû m'en tenir à ce principe que j'affirmais haut et fort il n'y a pas si longtemps encore !!!
 

Ces deux magnolias soulangeana (photos ci-dessus) sert de feu d'artifice annionciateur du printemps dans ce jardin que j'imaginerais bien sans eux, ils sont au premier plan de notre vision le matin lorsqu'on va à la fenêtre tester la température du jour mais mes yeux ne s'y attardent point, je préfère porter mon regard un peu plus loin, sur les cerisiers en fleurs (derrière les frênes encore tout nus).
Cerisiers en fleurs au coucher du soleil
Ce grand écart, je m'y plierais encore de bonne grâce si, aujourd'hui, ensuite des événements qui ont bouleversé de façon irréversible ma vie l'année dernière, qui ont révélé ou confirmé dans mon entourage des caractères et des comportements très éloignés de mes valeurs morales, j'ai totalement révisé mes objectifs, et, je l'avoue, je suis désormais déterminée à ne suivre que mes aspirations profondes, dans leur plus grande simplicité. J'aurai sûrement l'occasion de m'étendre sur le sujet tout au long de la vie de ce blog ou d'un autre (à eux non plus, je ne m'attache pas !).
Pour l'heure, et avec déjà beaucoup de retard, je voulais juste publier ces quelques photos de printemps, par amitié pour Enitram et Danielle, qui me suivent sur CetD avec patience et indulgence depuis bien longtemps !
 
Ce jeune magnolia illumine sans conteste l'espace gris de ce printemps qui peine à démarrer, mais, ici, dans cet environnement de moyenne montagne, je préfère... le sapin ! Celui qu'on voit sur la photo avait été planté à l'adolescence d'Oli, qui l'avait rapporté dans... son petit sac à dos, lors d'une excursion dans la Forêt Noire chez une amie de sa mère. Heureusement qu'ils avaient prévu de l'espace pour lui, il est devenu bien grand, trop même, et il masque, des fenêtres des chambres, un point d'eau qu'il y a juste derrière... Bien qu'il ait gardé d'excellents souvenirs des lieux de sa deuxième enfance (il a passé les sept premières années de sa vie à Mada), après le retour de ses parents en France, Oli reconnaît désormais qu'il n'a pas de regrets d'avoir choisi la Bretagne pour une installation de notre couple, loin des racines de l'un et de l'autre, dans ce no man's land où on peut laisser derrière soi toute revendication d'une appartenance à un clan dont l'autre est forcément exclu pour n'être que rapporté... C'est en tout cas ce qu'il affirme désormais, si douloureuse soit sa prise de conscience des conséquences qu'il doit en tirer pour avancer, en laissant derrière lui des doutes qui ne l'effleurent plus en apparence. Pour le reste, je lui laisse son jardin secret. Quant à moi, je n'ai d'attachement à aucun lieu, sinon celui de ma mémoire qui enferme tout avec une précision à (me) faire peur, le son et ses échos en prime ! J'ai envie de plus en plus de liberté, et je suis prête à tous les sacrifices pour la satisfaire. Je crois bien que je peux tout laisser derrière moi du jour au lendemain, sans peur de manquer ni de recommencer n'importe quoi, quel que soit l'endroit, en restant dans la capitale, ou là-bas à l'ouest, ou même ici à l'est si on pouvait trouver une fonction sympa à la baraque (une maison d'artistes, par exemple, qui sente la vie, la joie de la création, pas l'ennui et la mort comme ces vieux meubles poussiéreux qu'il ne faut même pas déplacer !), ou encore ailleurs, quelque part dans ce pays lointain où je suis née mais que je ne connais pas, tout m'est envisageable, même à l'âge où je suis, où ma vie devrait pourtant avoir déjà pris un tournant décisif. Or, j'ai l'impression d'être toujours à la croisée du chemin, sans savoir quelle direction prendre ! C'est peut-être ce qui me fait rester "jeune" et plein d'enthousiasme pour n'importe quoi, avec toujours cette envie d'autre chose, comme si, sans envie nouvelle, c'est déjà la mort ! Pour l'instant, il s'agit seulement de savoir où je vais poser mes valises dans l'immédiat, ce qui, somme toute, n'est pas d'un intérêt stratégique fulminant puisque le choix se fait entre des lieux que je hante déjà...
Je peux, certes, aimer la campagne, la montagne, mais pour de brefs séjours seulement. Je ne trouve réellement d'attirance pour la montagne en été que lorsqu'elle a les pieds dans l'eau (la Corse, par exemple, mais elle est quand même loin et il faut prendre l'avion, difficile d'improviser...). Et je ne supporte la campagne en toute saison, surtout en été, que lorsque la mer est à deux pas d'elle, quand je sais que je peux m'y réfugier en cas de grosse chaleur, ma hantise (va falloir que j'envisage une possible retraite de plus en plus au nord, car si le réchauffement climatique se confirme, je vais souffrir même dans mon ouest ; mais, ouf, d'ici là, je serais certainement en train de vivre une autre vie, qui sait, sur Kepler 62 ou Kepler 62f !). Oui, je sais, il y a très, très longtemps, elle ne devait pas être loin, la mer, de ces contreforts qui m'entourent en ce moment, on a effectivement retrouvé des fossiles de coquillages dans notre terrain !
Vous remarquerez qu'on signale, dans la région, des... morilles !!!
 
Mais je ne suis pas compliquée, à mes yeux, il y aura toujours une solution à tout : puisque la mer ne vient plus ici, j'irai à elle ! Et voici donc comment, je l'aime, la campagne, lorsqu'elle flirte sans vergogne avec la mer, quand celle-ci est là, juste à portée de mon coupe-vent et de mes bottes, toujours prête à me rafraîchir la cervelle sur les choses essentielles de mon existence ! Mon cœur l'a emporté sur la raison, je sais que je n'aurai aucun regret de rien, je n'hésite plus entre glamour à l'est, étriquée dans mes tailleurs trop stricts qui se perdent dans des penderies trop grandes pour être remplies et trônant dans des espaces sans âme, et liberté à l'ouest, dans mes liquettes qui laissent le vent caresser mon corps, qui ne compriment rien de ma personne bien qu'elles soient tassées dans les commodes minuscules de mes maisons de poupée. Bon,  d'accord, l'un n'est pas exclusif de l'autre, et il faudra bien que je compose aussi dans mes lieux retranchés, où nous commençons à amorcer une vie sociale assez hétéroclite, à notre image, on aime bien mélanger les gens et les genres, même si parfois cela me place dans des situations assez embarrassantes !
 
  
 
Vive la liberté, vive la mer, toutes deux que je vais vite aller retrouver dans quelques jours.
Mais, puisque, pour l'instant, on est là dans cette région de l'est de notre chère bonne France, où la gastronomie s'est distinguée sans avoir usurpé sa notoriété, allons faire un tour dans ce beau village de Château-Chalon (photo ci-dessous), perché sur son éperon rocheux, le temps de repartir avec quelques bonnes bouteilles de son fameux vin à encaver... et à oublier de longues années avant dégustation !
 
Enfin, pour faire d'une pierre deux coups, profitons d'être à l'est pour, en un coup de train, visiter la région voisine, pas pour ses vins
que je ne supporte pas, malheureusement car il y en a d'excellents, mais plutôt pour retrouver son chef-lieu, une ville où l'autre moitié d'Oli a des souvenirs, et que j'aime beaucoup personnellement à plusieurs titres.
 
 
Ensuite, ce sera avec bonheur que je retrouverai mes rochers préférés : avec ou sans ELLE, la mer, ils arrêtent à peine mon regard au-delà de l'horizon...
 
En attendant, encore quelques photos de fleurs printanières sauvages, celles qu'on voit s'épancher allégrement dans les jardins abandonnés où même entretenus. C'est fou, même entre deux tontes, elles redressent aussitôt la tête ! Toutes auraient pu finir dans mon assiette comme salades sauvages, à l'instar de celles qui envahissent mes jardins bretons où je suis sûre qu'aucun produit chimique n'entre. Ici, je n'ai qu'une confiance relative dans le jardinier de la belledoche, plus tête de cochon que tête de l'art, je déteste les coupes au carré qu'il fait à tous les arbustes tout autour de la maison, ça donne un air prétentieux à l'ensemble ! Sûr, question paysagistes, mes goûts sont à l'opposé de ceux de nos architectes adeptes des jardins à la française, j'aurai plutôt un coup de cœur pour quelqu'un comme Gilles Clément ou ses homologues allemands...
Ben oui, c'était une rapide balade, j'étais venue pour publier deux photos pour les copinautes, et je me retrouve avec un billet encore plus long que les plus longs, rôôô ! Mais je n'oublie pas l'essentiel : je dédicace les magnolias à Enitram (du blog Chemin faisant) et à Danielle, des blogs Album Vénitien et Comme un vol de papillon, pour laquelle j'ai rajouté ces fleurs champêtres et la glycine (ci-dessous). Dans un mois, cette glycine sera une merveilleuse transition entre les pierres chaudes de la maison et le jardin en contrebas, plus frais...
 
 
Et je dédicace la photo ci-dessous à tous mes lecteurs ! 
 
Quel que soit l'endroit, il est difficile de résister à l'appareil photo au moment du coucher du soleil, même en rase campagne !
 
Ah, quelquefois j'oublie que c'est un blog de cuisine ! Si ! Alors, si vous avez l'occasion d'aller dans les belles forêts des environs de la vallée de la Haute-Seille qui rayonne dans la reculée de Baumes-Les-Messieurs...
 
et qu'il vous arrive de tomber sur un parterre de ce délicieux champignon dont c'est la pleine saison,
la morille, qui est un de mes champignons préférés, j'en ai déjà parlé à plusieurs reprises, vous saurez sûrement quoi en faire. J'aime bien, parfois l'utilisez très simplement, en une soupe crémeuse, par exemple :
  • morilles bien nettoyées, pieds coupés à ras
  • pour le bouillon : oignon, carotte entière, gousse d'ail, feuilles de laurier, tiges de persil, 1 clou de girofle, une carcasse de poulet ou un os de veau fendu à deux,
  • 1 poignée de riz à risotto
  • 1 verre de vin jaune
  • sel, poivre
  • coriandre et cive hachées
- faire le bouillon, filtrer et réserver, en gardant la carotte cuite,
- cuire les morilles une dizaine de minutes dans de l'eau salée
- laisser tiédir dans l'eau de cuisson, puis les retirer et les réserver
- prélever un peu d'eau de cuisson des morilles, la mélanger avec du bouillon filtré, le tout en quantité suffisante pour cuire le riz de la soupe,
- faire cuire le riz dans ce mélange liquide auquel à feu moyen pendant 15mn,
- ajouter le vin et les morilles, donner un bouillon puis cuire à feu doux encore 10 mn,
- couper en rondelles la carotte, l'ajouter à la soupe,
- ajouter la crème, mélanger doucement,
- donner un dernier bouillon et arrêter le feu.
Servir aussitôt en parsemant des herbes hachées.
 
 
Et ça, c'est quoi ?
C'est ma cueillette pour la cramaillote, puisque nous sommes dans sa région d'origine ! Je donnerai la recette de ce "miel de pissenlit" sur mon blogs de sauvages si ça vous intéresse..., quand il sera en pot ! Pour l'instant, il faut aller préparer les fleurs que je viens de cueillir, et ce n'est pas une mince affaire puisqu'il s'agit d'enlever toutes les parties vertes pour ne récupérer que les pétales jaunes !